| Jean-Louis Raoul | |||||||
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C’est ainsi qu’en juin 1810 Jean-Louis Raoul (1751-1844), un industriel fabriquant de limes, originaire de l’Aveyron achète aux héritiers de la famille Pinon de St Georges en particulier à Mlle Angélique qui y habitait. À ce moment seulement ce bel hôtel devient l’hôtel Raoul. Lors de cette transaction la description correspond là aussi très exactement à l’hôtel reproduit sur le plan de Turgot, qu’on en juge : « Cette maison, sise à Paris, rue Gérard Beauquet n° 4, division de l’Arsenal, qui a son entrée par une porte cochère, est entre cour et jardin avec bâtiment en aile ; elle est élevée d’un rez-de-chaussée, d’un premier étage, d’un second en mansarde et un grenier au dessus, caves sous ladite maison, écurie ayant une porte sur la rue du Petit-Musc pour la sortie du fumier, remises, cour et jardin. ». Une particularité curieuse réside dans l’importance des glaces dans l’hôtel qui sont détaillées dans l’acte de vente « et qui ne font point partie de l’immeuble, n’étant pas encadrée dans la boiserie. » : au total 28 miroirs d’une surface totale de 24 m2 ! La transaction est réalisée pour la somme de 28 000 francs (germinal) pour l’immeuble et 4 000 francs pour les glaces. On estime que cela est équivalent à 75 000 € de nos jours. Il faut dire que les glaces de l’époque, en verre épais avec une surface réfléchissante au mercure, étaient bien plus rares et précieuses que les miroirs contemporains.
Assez rapidement Jean-Louis Raoul installe dans la basse cour, forges, enclumes, ateliers, soufflets, nécessaires à sa fabrication de limes. De même il fait bâtir plusieurs étages supplémentaires, avec des logements offerts à la location. Le cadastre dit "napoléonien" dressé vers 1820 restitue le plan détaillé de l'hotel de ce début du XIXe siècle.
L’hôtel de Jean-Louis Raoul En 1960, le portail qui marquait son entrée était au 6 rue Beautreillis et s’ouvrait sur une cour pavée au fond de laquelle, quasiment à l’emplacement de la porte arrière de l’immeuble présent, se trouvait la porte d’entrée principale de l’hôtel. Sur la fenêtre au-dessus de la porte était installée l’horloge aux dauphins. On y remarquait [Del06] « des boiseries et des croisées dorées qui ont conservé quelques vitres de l’époque de Louis XV ». Les anciens voisins se rappellent de fenêtres avec vitraux et du jardin orné d’une statue et d’un bassin avec des poissons rouges qui s’étendait vers la rue du Petit-Musc. |
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