Histoires de portail
Introduction
L'Hôtel Saint-Pol
Le lotissement
Premières constructions
Paul Ardier
La noblesse de robe
Le XVIIIe & la Révolution
Jean-Louis Raoul
Siméon Chaumier
La disparition
Le portail
La résidence du Petit-Musc
De nos jours
Remerciements & références
Illustrations, documents & annexes

La porte cochère et le portail se doivent de signaler au passant, par leurs as-pects monumentaux, un peu comme un arc de triomphe, le train de vie des habitants de l’hôtel. Contrairement à la majorité des habitations qui ne comporte qu'une porte pié-tonne, le portail implique la possession d'une monture ou d'une voiture. Les propriétaires de l'époque y attachaient donc une grande importance.

Détail du portail Raoul

De quand date le portail qui se dresse rue Beautreillis ? Nous avons vu que Paul Ardier prend le soin de bien dé-crire les caractéristiques du portail qu’il souhaite pour son hôtel, mais il est sûr que le décor actuel est fort différent d’un décor Louis XIII aux panneaux cloutés, un peu comme la porte voisine au 4, rue Beautreillis. Le détail de ses vantaux sculptés le rapproche de ceux du petit hôtel Le Mayrat, 11, rue Barbette [Str02] d’époque Louis XV.

Le heurtoir, préservé sur le portail avec sa platine telle un éventail de dentelles, est d’un style qui était en vogue au XVIIIe siècle. Il est situé sur la porte pour piéton qui s’ouvre dans le vantail de droite. Une sonnette d’une époque plus récente est encore en place, mais ne permet pas plus que le heurtoir de s’annoncer.

Heurtoir du portail

Un lien avec l'hôtel de Lesdiguières ?

Plusieurs ouvrages relèvent que l’hôtel Raoul incorpora des matériaux provenant de l'hôtel du riche financier de la Renaissance, Zamet, dont, semble-t-il, le portail de la rue Beautreillis et l’horloge aux dauphins, objets de nos préoccupations . Il reste à vérifier ces dires et à retrouver l’époque de ces ajouts : est-ce au 18è siècle lors de la reconstruction de l’hôtel de Lesdiguières ? Est-ce lors de la démolition de l’hôtel de Lesdiguières en 1877 lors du percement du Bd Henri IV ? Lors d’une conversation récente, la dernière habitante et propriétaire de l’hôtel Raoul, évoquant les habitants célèbres qui l’avait précédé dans l’hôtel Beautreillis citait, M Chaumier mais aussi Gabrielle d’Estrée, la maitresse d’Henri IV : il est intéressant de constater cette erreur – la belle Gabrielle est indubitablement liée à l’hôtel Zamet – qui drenforce ce lien ténu entre les deux hôtels.

L’Hôtel Zamet ou de Lesdiguières

Zamet, originaire de Lucques (Toscane), fils d’un cordonnier, débuta comme valet de chambre d’Henri III et fit fortune. Il prêta de l’argent à Henri IV, et devint néanmoins son ami. Il se fit construire un somptueux hôtel vers 1585 sis 10 rue de la Cerisaie dont les jardins s’étendaient jusqu’à la rue St Antoine. Cet hôtel fut détruit puis rebati en 1740. Le portail qui nous occupe proviendrait de cet hôtel Zamet bien plus ancien donc que l’hôtel Raoul sur le terrain duquel nous habitons. Ce portail, alors partie de l’hôtel de Lesdiguières - du nom de son propriétaire en 1614, qui l’avait achété aux enfants de Zamet - a vu passer Pierre le Grand, tsar de Russie qui logea ici en 1717 (plaque sur la facade). Il a été témoin de cette scène : le jeune Louis XV, agé de seulement 7 ans, vint rendre visite à son hôte russe. Se pose alors une question de préséance : qui des deux souverains s’effacera devant l’autre pour entrer le premier ? Pierre résolut cette question en prenant l’enfant dans ses bras [Hil63].

Le dernier indice qui montre que des travaux importants furent menés par la famille Pinon est constitué par les motifs des balcons en fer forgé de style Louis XV [Gad94] qui ont été réutilisés pour certaines des fenêtres de l’immeuble actuel.

Combien pour le restaurer ?

Plusieurs problèmes se posent pour le réparer. Tout d'abord sa propriété : aujourd'hui la parcelle et le portail appartiennent aux héritiers des Raoul ; ceux-ci sont prêts à en céder la propriété pour 1 € symbolique, mais à qui ? La ville de Paris ? une association habilitée ? la copropriété voisine ? Mais alors quid de l'assurance ? de l'entretien futur ?

Pour le coût, les réponses, sans être précises sont moins floues. Ainsi en 1992, lors d'une première tentative de restauration, un devis d'une entreprise de maçonnerie, la société Gabellica, s'élevait à environ 100 000 F HT pour les seuls travaux de maçonneries.

Bepox qui a effectué de nombreuses restaurations dans le Marais, estime, en 2005, à 21000 € la restauration de la partie bois, dont ils sont spécialistes et à 15 000 € les travaux de maçonneries. la durée des travaux est d'environ deux mois. Précisant qu'à leur avis, le bois semble être dans un état permettant une restauration, ils aimeraient avoir la possibilité de travailler sur place au vu et sus de tout le monde.

 

 

Enveloppe pour appel mel
le 23 mai 2009
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Derrière le portail de l'hôtel Raoul…